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    Nommée Six grands-pères par les Sioux Lakota, la montagne fut rebaptisée d'après Charles E. Rushmore, un grand avocat de New York qui la remarqua durant une expédition en 1885. Lieu sacré pour les Amérindiens, le mont Rushmore fit partie intégrante de la route que le chef indien lakota Black Elk emprunta lors d'un voyage spirituel qui le mena au sommet du pic Harney Peak à proximité du mont.

    Après toute une série de batailles dont celle de Little Big Horn contre les Amérindiens de 1876 à 1877, les États-Unis, attirés par les richesses de l'ouest, conquirent le territoire qui appartenait aux Amérindiens depuis la signature en 1868 du Traité de Fort Laramie. Pour les pionniers blancs, le pic possédait plusieurs noms différents comme Cougar Mountain, Sugarloaf Mountain, Slaughterhouse Mountain, ou bien encore Keystone Cliffs. La colline fut nommée mont Rushmore durant l'expédition d’exploration menée par Rushmore, David Swanzey (mari de Carrie Ingalls qui était la sœur de l'auteur Laura Ingalls Wilder), et Bill Challis.
     
    L'historien Doane Robinson évoqua pour la première fois l'idée du mont Rushmore en 1923 pour promouvoir le tourisme local. Au départ, le projet de sculpture du Mont fut lancé pour attirer les visiteurs dans la région des Black Hills au Dakota du Sud. En 1924, Robinson persuada le sculpteur Gutzon Borglum de visiter la montagne pour s'assurer de la faisabilité de la réalisation. Borglum avait à ce moment déjà réalisé un énorme bas-relief pour un mémorial célébrant les leaders des États confédérés sur la montagne Stone Mountain en Géorgie. Le plan original prévoyait de sculpter la roche granitique de la colline Needles dans les Black Hills. Borglum se rendit compte toutefois que la roche érodée de cette colline ne convenait pas car elle était trop friable pour supporter la sculpture et ses détails. Il choisit alors le mont Rushmore qu’il apprécia également grâce à son excellente exposition au soleil. Borglum dit du mont Rushmore en le voyant, « L’Amérique défilera le long de cette ligne d’horizon. ».
     
    Après de longues négociations avec le Président américain Calvin Coolidge et une délégation du Congrès, le projet reçut l'approbation de ce dernier qui autorisa le lancement d’une commission nationale du mémorial du Mont Rushmore le 3 mars 1925. Le président de l’époque Calvin Coolidge (sous le mandat duquel, les amérindiens se voient reconnaître la nationalité américaine) insista pour que deux républicains et un démocrate soient sculptés auprès du président Washington.Le découpage de la roche débuta en 1927 et se termina en 1941. L’image de Thomas Jefferson fut à l’origine prévue à la droite de Washington mais à cause d’une roche non adaptée à la sculpture de son visage, il passa à gauche de Washington.
     
     
     
    Le Crazy Horse Memorial en construction
     
     
    Entre le 4 octobre 1927 et le 31 octobre, 1941, Gutzon Borglum et 400 ouvriers sculptèrent ainsi les quatre visages hauts de 18 mètres pour commémorer les 150 premières années de l’histoire des États-Unis. Les présidents furent choisis par Borglum pour leurs rôles respectifs dans la préservation et l’expansion du territoire national.
     
    En 1933, le service national des parcs (National Park Service) prit le parc sous sa juridiction et participa au projet en améliorant les infrastructures. Par exemple, le service améliora une voie ferrée pour que le sommet du mont soit plus facilement accessible aux ouvriers. Le 4 juillet 1934, le visage de Washington fut achevé. Il aura fallu deux essais au sculpteur Gutzon Borglum pour réussir le visage de Thomas Jefferson. Sa première tentative, à droite de George Washington, a été réduite à néant par un défaut du granit. Le visage a du être effacé de la montagne en 1934 à coups d'explosifs. Le deuxième portrait de Jefferson, cette fois-ci à gauche de Washington a été inauguré en 1936. Le visage d'Abraham Lincoln le 17 septembre 1937. 
     
    En 1937, une demande de fonds supplémentaires fut introduite auprès du Congrès pour ajouter la tête de Susan B. Anthony mais seuls les fonds pour terminer les visages déjà commencés furent alloués. En 1939, le visage de Theodore Roosevelt fut inauguré.Borglum décéda d’une embolie en mars 1941. Son fils Lincoln Borglum, acheva le projet mais des fonds insuffisants sonnèrent la fin des travaux. Il faut remarquer que le projet initial prévoyait de réaliser également le buste des quatre présidents mais finalement seuls les visages furent achevés.
    Borglum avait aussi imaginé la réalisation d’un panneau géant (en lettres dorées hautes de 2,44 mètres) reprenant des faits historiques comme la Déclaration d’indépendance, la Constitution américaine, l’achat de la Louisiane et sept autres acquisitions comme l’Alaska ou le Texas.
     
    Le coût total de l’œuvre s’éleva à 989 992,32 dollars. Il est intéressant de remarquer qu’aucun ouvrier ne fut tué lors de la réalisation de l’œuvre, ce qui est remarquable pour l’époque. Dans un canyon à proximité se trouve une chambre forte creusée dans la roche qui contient 16 panneaux en porcelaine émaillée. Les panneaux accueillent le texte de la Déclaration d’indépendance, de la Constitution, de l’histoire américaine et de la biographie des quatre présidents et de Borglum. Cette chambre fut ouverte en 1998.
     
    Des travaux furent également réalisés dans les années 1990 pour améliorer les infrastructures d’accueil des visiteurs (musée, maison du tourisme et sentiers balisés). Des ouvriers alpinistes escaladent chaque année l’œuvre afin de l’entretenir.
     
     
     
     
    Le mont est un sujet de controverse parmi les Amérindiens Lakotas car ceux-ci perdirent leurs terres à la suite de la guerre les opposant au gouvernement américain entre 1876 et 1877. Le traité de Fort Laramie en 1868 avait en effet laissé la région à cette tribu. Les Lakotas considèrent ces collines comme sacrées.
     
    Des membres des mouvements indiens occupèrent le monument pour protester en 1971 en le baptisant « Mont Crazy Horse ». Le chaman John Fire (dont le nom indien est Cerf Boiteux) y réalisa une prière sur la montagne pour remémorer la promesse non tenue des Blancs suite à la rupture du traité. 
     
    Le monument a pour certains un caractère raciste car il pourrait être interprété comme une indication d’une supériorité des Blancs sur la nation indienne par le fait que les quatre présidents étaient en fonction durant l’acquisition des terres ancestrales amérindiennes. Ces collines étaient en effet sacrées pour les indigènes et la construction d'un tel monument est choquant pour ceux-ci tout comme le serait la profanation d'une église chez les catholiques...
     
    Gutzon Borglum lui-même est sujet à la controverse car il fut en relation avec le Ku Klux Klan lors de ses travaux.
     
     
     
     
    Le monument reste encore de nos jours un sujet de discorde bien qu’un directeur d’origine amérindienne ait été nommé en 2004 à la tête du parc. En réponse à ce monument, un autre mémorial (« Crazy Horse Memorial ») est actuellement en construction un peu plus loin dans les Black Hills. Il représente le célèbre chef amérindien Crazy Horse et a pour but de montrer le caractère sacré de la région pour les Amérindiens. Le chef regarde en direction de l'Est par-dessus la crinière de son mustang vers la terre où ses guerriers sont morts. Cette sculpture qui devrait dépasser en taille le Mont Rushmore est financée par la fondation Crazy Horse Memorial Foundation. Celle-ci a refusé toute aide financière du gouvernement fédéral américain. Le sculpteur d'origine polonaise Korczak Ziólkowski, aidé du chef indien Henry Standing Bear, a débuté la réalisation de cette œuvre en 1948 après avoir acheté la montagne avec son argent personnel. Le sculpteur décéda en 1982 à l'âge de 77 ans sans voir son œuvre aboutie. Néanmoins, ses descendants continuent le travail qui pourrait encore durer 50 ans selon certaines estimations.
     
    www.crazyhorsememorial.org

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